Substitution
Fréquence des catastrophes naturelles, développement de la consommation, spéculation… au moins trois raisons qui laissent à penser que la volatilité des matières premières agricoles devrait se poursuivre, même si le G20 s’accorde sur des mesures de régulation. Aux industriels de s’adapter à cette donnée structurelle. Comment ? Le cabinet Oliver Wyman vient de publier cinq conseils percutants, d’aucuns diront simplistes, comme « raisonner comme un trader » ou encore répercuter fortement les hausses des coûts auprès des « clients à faible contribution » (« quitte à en perdre certains »)et de manière « plus habile pour les autres ». Le conseil en stratégie estime aussi que l’innovation, « classiquement vue comme un outil clé de développement du chiffre d’affaires », devrait se tourner davantage vers l’optimisation et la stabilisation des coûts. La recherche d’ingrédients de substitution devrait désormais faire partie des priorités de la R & D au même titre que la création de nouveaux produits. Oliver Wyman cite comme exemple la substitution du sucre par du glucose-fructose pour éviter une hausse temporaire des cours. Danone n’a pas attendu ce conseil pour exploiter cette piste. « On peut imaginer produire des yaourts contenant plus de végétaux ou de fruits que de lait », a déjà déclaré Franck Riboud, un brin provocateur, à la presse économique. Confronté à la crise ivoirienne, Barry Callebaut a pour sa part récemment avoué avoir fait évoluer ses recettes pour honorer ses commandes jusqu’à fin 2011. L’opération, intéressante pour conserver des marges, sera-t-elle sans effet sur le consommateur final déjà méfiant vis-à-vis de l’industrie ? La valse des étiquettes risque de déplaire. Certains conseils peuvent s’avérer dangereux.
Nathalie Marchand