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Les prévisions à court terme
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Produits de saison

vendredi 16 juillet 2010

Moins de viande bovine au menu en 2010


La première moitié de 2010 s’est inscrite dans les prévisions sur le marché de la viande bovine. Une baisse de consommation était attendue, elle fut au rendez-vous. Du côté de la production, les éleveurs ont, sans surprise, beaucoup réformé en début d’année.

L’été de retour, les grandes surfaces remplissent leurs rayons de grillades et les ménages retrouvent leurs barbecues. Le soleil est au rendez-vous, tous les ingrédients sont réunis pour que le bœuf se taille la part du lion dans les assiettes. Oui, mais les Français restent distants avec la viande bovine. Ce sont la viande de porc fraîche, la saucisserie et les élaborés de volailles qui sont à l’honneur. Les professionnels de la filière bovine s’inquiètent de la baisse de la consommation.
Les ménages s’orientent davantage vers les rayons surgelés et hachés pour leurs achats de viande bovine, en ces temps de budgets limités. D’après Kantar, au premier semestre (du 28-12-09 au 13-06-10), les ventes de viande de bœuf fraîche hors élaborés ont reculé de 3,9 % en volume par rapport au premier semestre 2009. Ce, malgré un prix moyen de 12,31 euros/kg, en baisse de - 0,8 %. En revanche, pour le bœuf haché surgelé, moins onéreux à 5,33 euros/kilo en moyenne (- 1,2 % par rapport à la même période de 2009), les achats ont bondi de 5,5 % en volume. Mais les consommateurs cherchent aussi des produits plus inhabituels à cette saison. Ainsi, la demande en morceaux à bouillir et à braiser a subsisté jusqu’en début d’été, malgré la connotation hivernale de ces pièces. Mais leur moindre coût par rapport aux produits plus « estivaux » et l’arrivée tardive du soleil ont incité les ménages à s’orienter vers eux. Les achats des ménages changent donc, mais continuent tout de même à baisser en volume total. En 2009, la consommation de viande bovine est restée stable par rapport à 2008, mais l’Institut de l’élevage prévoit qu’elle devrait baisser de 1 % cette année. Si la demande s’effrite, l’offre française diminue, elle, encore davantage.

La production française va accuser de nouvelles baisses

Après une forte décapitalisation des éleveurs laitiers en 2009, les disponibilités en vaches laitières ont été plus mesurées au premier semestre 2010. Ce, mise à part une vague de réformes accélérées au printemps suite à la mauvaise pousse de l’herbe. Comme au 1er avril le stock de femelles laitières de plus de 24 mois enregistré en BDNI (base de données nationale de l'identification) était inférieur de 65 000 têtes à celui de l’an passé, une nouvelle vague de réforme est peu probable. D’autant plus que la conjoncture laitière semble s’améliorer. A contrario, du côté des allaitantes, les chiffres du premier semestre ont été conformes aux prévisions. Les stocks de femelles de plus de trois ans en BDNI sont en hausse (respectivement +0,6 % et +0,5 % en mars et avril par rapport à l’an passé). Leur surplus atteignait 23 000 têtes début avril. Leur part dans le total des abattages ne cesse de croître.
Pour les jeunes bovins, tout laisse à penser que les sorties devraient reculer au prochain semestre, avec davantage de jeunes bovins laitiers et moins de race à viande. Cette nouvelle orientation de l’offre serait plus conforme à la demande actuelle. Alors que les cours, fortement baissiers au printemps, se sont stabilisés, le marché pourrait s’aérer un peu.
Dans ses prévisions pour le prochain semestre, l’Institut de l’élevage envisage un repli de nos productions. Après une baisse de 3 % au premier semestre 2010-2009, la production de femelles devrait reculer de 2 % au second semestre. En taurillons et taureaux, si la production a été stable de janvier à juin par rapport à l’an passé, elle devrait chuter de 11 % de juillet à décembre. La production totale de bovins finis devrait atteindre 1,756 million de têtes entre juillet et décembre 2010, soit 5 % de moins que l’an dernier.
Ainsi, malgré une demande des ménages en berne, le déficit français de la production par rapport à la consommation va augmenter de 2 points, pour atteindre 9 %.

Les disponibilités viennent d’Irlande cette saison

Au premier trimestre, nos importations de viande bovine réfrigérée et congelée ont été de 95 400 téc, soit environ autant qu’en 2009. D’après l’Institut de l’élevage, nos principaux fournisseurs de viande réfrigérée sont l’Allemagne (23 %), les Pays-Bas et l’Irlande (15 %). Cette année, l’Allemagne présente peu de disponibilités en viande bovine, d’autant plus que le cheptel laitier a été bien ajusté l’an dernier. Malgré cette baisse de l’offre (- 4 % d’abattages au premier trimestre, tendance qui s’est poursuivie en avril et mai d’après UbiFrance), les prix restaient bas. Fin mai, le cours de la vache O se situait 11 % en dessous du cours français. En revanche, en Irlande, les mauvaises conditions climatiques et économiques ont poussé les éleveurs laitiers à réformer de gros volumes. Ces disponibilités ont dynamisé les exportations, principalement vers le Royaume-Uni, suite à la baisse de la livre sterling face à l’euro. Mais les viandes irlandaises, très appréciées selon l’institut pour la possibilité d’achat « en catégoriel », seront moins disponibles à l’avenir. Quant aux importations du Mercosur, elles reculent légèrement. La compétitivité des viandes sud-américaines est en recul sous l’effet conjugué d’une baisse de leur prix de vente et de la hausse du dollar.
Virginie Pinson
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La production recule en Europe

Selon la FNICGV, la production européenne, mesurée en nombre de têtes, devrait baisser de 0,8 % en 2010, après une baisse de 1,1 % l’an dernier. Fin 2009, le cheptel européen comptait 87,639 millions de têtes, dont 36 millions de vaches et 4,4 millions de veaux de boucherie. Le cheptel de vaches laitières (66 % des vaches) diminuait de 2,4 % alors que le nombre de vaches allaitantes (34 % du total) était en très légère augmentation (+ 0,1 %). En Allemagne, après une production stable au premier semestre, celle du second est attendue en baisse de 1 %. En Irlande, la production a grimpé de 10 % au premier semestre 2010 par rapport à la même période de 2009, les éleveurs ont en effet beaucoup réformé pour faire face à la conjoncture laitière et au manque de fourrage. Ce rythme devrait ralentir au second et les abattages être 3 % sous leur niveau de l’an dernier. Au Royaume-Uni, après une hausse de 3 % au premier semestre, la production devrait être stable au second.



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