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Communication

jeudi 08 juillet 2010

Viande : les filières de qualité répondent aux écologistes


Mi-juin, en marge de l’assemblée générale de Fil Rouge et du Sylaporc à Vichy, la profession des viandes Label Rouge, AOP et IGP a débattu sur le développement durable et son incidence dans les cahiers des charges et la communication.

Comment les filières de qualité peuvent-elles répondre aux attaques des écologistes contre l’impact de l’élevage sur l’environnement ? Vincent Manneville, chargé d’environnement à l’Institut de l’élevage, Julien Fortin, chargé d’une étude sur l’environnement et la définition des atouts et faiblesse des filières Siqo, Éric Cachan, président des Fermiers de Loué, et Patrick Mouysset, président de l’Irva (interprofession du veau de l’Aveyron), ont débattu du sujet, en marge de l’assemblée générale de Fil Rouge à Vichy.
Vincent Manneville a ouvert le feu en posant tout de suite la question du « buzz médiatique » face auquel les professions de la viande se trouvent confrontées. Mais s’il y a constat, l’important est de savoir riposter aux attaques. « La réponse doit être scientifique, a précisé l’homme de l’Institut de l’élevage. Deux pistes s’offrent à nous : améliorer les productions et répondre scientifiquement aux médias et aux institutions ». Car les médias puisent leurs sources dans des rapports ou auprès d’évènements qui, par leur portée médiatique, touchent le consommateur. Les cibles sont bien identifiées, telles la FAO sur les conséquences du développement de l’élevage, le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sur les propositions de réduction de l’effet de serre et le Grenelle de l’environnement qui a mobilisé le monde politique. Mais il faut compter aussi avec les trublions, scientifiques ou profanes, et leurs arguments sur le cancer. Ou encore certains chercheurs de l’Inra qui proposeraient simplement d’arrêter de donner des granulés aux animaux, pour les donner à l’homme directement !

« Faire valoir la contribution de l’élevage au paysage »

« Manger un kg de veau correspond à faire 200 km en voiture en termes d’incidence carbone, les vaches c’est 50 % des gaz à effets de serre, les avions 2 % ! Face à cette affirmation, quelques pistes de réponses existent : protéger les milieux aquatiques en limitant les excédents de phosphore et d’azote, faire valoir la contribution de l’élevage au paysage et à l’environnement et mettre en avant l’élevage extensif avec l’exemple de l’élevage français. », a expliqué Vincent Manneville.
Julien Fortin s’est pour sa part attaché à mettre en lumière les points forts des filières de qualité : le transport, l’alimentation, le pâturage et l’image de la ferme. « Les atouts de l’élevage notamment en Label Rouge existent, il faut les montrer : diversité des races pour illustrer la biodiversité, production locale afin d’éviter les transports, alimentation locale pour l’autonomie alimentaire, l’image et la propreté de la ferme, une charte de bonnes pratiques et l’existence d’un cahier des charges qui différencie. » Il faut ainsi faire évoluer les cahiers des charges qui sont trop hétérogènes d’un ODG à l’autre, en tenant compte de la difficulté de généraliser, et revoir les notices techniques.

« L’autonomie énergétique avec du 100 % France »

« Ceci passe par la matérialisation et la différenciation des zones de production de celles de cessions et d’abattage, adapter les animaux aux camions de transport, favoriser l’autonomie alimentaire, les prairies naturelles, la présence d’au moins 80 % de fourrage en limitant les fourrages conservés et parvenir à l’autonomie énergétique en faisant du « 100 % France », gérer l’eau en la réservant aux animaux et en imposant la récupération des eaux de pluie ». Oui, mais comment ?
Pour Éric Cachan, le problème ne se pose pas pour Loué et ses mille éleveurs. « Nous répondons aux trois piliers du développement durable. Nous devons tout à nos prédécesseurs avec un historique de 400 ans. Nous basons notre stratégie sur quelques critères qui nous mettent en adéquation avec le développement durable. Nous avons une organisation stricte, une filière exemplaire, nous faisons des investissements permanents, nous communiquons régulièrement et de manière diversifiée, enfin nous avons résolu la question des OGM. »
Même opinion exprimée par Patrick Mouysset, président de l’Irva : « Nous avons mis en place une grille en 5 points pour tous nos éleveurs. Elle prend en compte l’intérieur des bâtiments, le stockage des aliments, l’utilisation des produits phytosanitaires, les abords des bâtiments et le respect de notre charte de bonnes pratiques des éleveurs. De plus, nous avons prévu un panneau d’affichage à l’entrée de chaque ferme : « Dans cette ferme, le terroir et la tradition sont préservés ».
Dominique Chaillouet
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Faut-il faire évoluer le cahier des charges ?

Les cahiers des charges sous Siqo (signes d'identification de la qualité et de l'origine) font l’objet d’arrêtés ou de décrets ministériels. Ils font partie d’une réglementation spécifique qui nécessite l’agrément de toute une filière. Une fois cet agrément obtenu, l’ODG (organisme de défense et de gestion) le présente à l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) qui validera ou non le document à présenter au ministre de l’Agriculture pour signature. Pour un Label Rouge, la procédure s’arrête là. Mais s’il est accompagné d’une IGP ou s’il s’agit d’une AOP, le passage par la Commission européenne est obligatoire. Tout ceci prend du temps et pénalise les produits sous Siqo face à la réactivité d’une entreprise fabriquant un produit standard. Il faut aussi faire admettre le raisonnement des professionnels qui estiment être déjà dans le « durable » du fait de leur présence sur le territoire depuis des décennies. « Ils font du durable sans le savoir comme Monsieur Jourdain faisait de la prose » disent-ils. Enfin, viendra le temps de la communication…



Une communication plus agressive

Tous les participants étaient d’accord. La communication doit occuper le terrain : « Il ne faut pas être en réponse mais en attaque pour souder les éleveurs. Nous faisons un métier et devons montrer que nous en sommes fiers. Les arguments existent, mais on ne s’en sert pas » a déclaré Dominique Huet, présidente des Fermiers Loire et Maine. L’argument des puits de carbone doit être développé. Enfin, les Néo-Zélandais ont tiré les premiers et ont eu le dernier mot. Personne ne sait sur quoi ils se sont basés pour leurs analyses, mais eux ont eu le mérite de le faire savoir ! Un exemple à suivre ?



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