Marques de distributeurs |
jeudi 28 janvier 2010 |
Trace One étoffe et internationalise son offre
La plateforme internet des cahiers des charges pour marques de distributeurs (MDD) s’ouvre au développement de produits. Elle porte l’ambition de la société Trace One d’aider industriels et distributeurs à économiser encore plus de temps et d’argent.
Les industriels et distributeurs de l’alimentaire sont de plus en plus nombreux à connaître Trace One, cette plateforme internet qui les met en relation autour d’un cahier des charges, à la fois outil d’élaboration et d’authentification. En dix ans d’existence, la fameuse « plateforme collaborative » française a contribué au gain d’efficacité de la production et de la mise en marché des marques de distributeurs . La plupart des enseignes (Carrefour France, Espagne et Belgique, Auchan, Casino, Monoprix, ainsi que Toupargel et Eroski en Espagne) a recours à cette solution pour mettre l’offre et la demande en adéquation qualitative, de façon simple et rapide. Mise en service en 2000 pour répondre aux problématiques croissantes de sécurité alimentaire et de traçabilité, la plateforme s’est depuis mutualisée. Elle réunit une communauté large de fournisseurs et constitue une base de données étendue.
Développement international
Aujourd’hui l’offre Trace One s’étoffe : au-delà du cahier des charges, elle s’étend au processus d’évolution et de lancement de produit. En transcrivant les réclamations de consommateurs, en intégrant de nouvelles spécifications, elle propose d’accélérer ce processus. Par ailleurs, la société française de Jérôme Malavoy se développe à l’international, offrant ainsi aux opérateurs l’opportunité de travailler pour la Grande-Bretagne, l’Espagne, la Belgique, l’Italie, les États-Unis ou encore la Chine.
Une étape déterminante pour Trace One est le rachat, à la fin de l’an dernier, d’un homologue anglais, Eqos. Ce dernier est un des leaders européens des solutions en ligne de « sourcing » à destination des distributeurs de nombreux secteurs. Grâce à cette acquisition, argumente le PDG, « on s’étend sur de nouveaux marchés, en Grande-Bretagne et aux États-Unis notamment, et chez de nouveaux clients comme Tesco, Sainsbury’s, Lidl, HMV et HEB aux USA, ce qui ouvre à terme de nouvelles perspectives pour nos clients industriels qui auront ainsi l’opportunité d’utiliser les outils Trace One pour valoriser leur savoir-faire auprès des clients étrangers. »
Un portail des innovations
En connaisseur du modèle britannique, Jérôme Malavoy affirme que les industriels d’outre-Manche paient plus cher leur droit d’entrée sur les plateformes électroniques des distributeurs, là où pourtant les MDD dominent. D’après lui, c’est parce que chaque distributeur, dans ce pays, a développé une application qui lui est propre ; cela « conduit à un surcoût évident pour les industriels ». Pour autant, ces derniers sont en moyenne deux fois plus gros que les industriels français. Leurs partenariats avec les distributeurs leur rapportent deux fois plus de recettes.
Ce surcoût est selon lui encore plus élevé aux États-Unis. Si Trace One parvient à introduire sur ces marchés la pratique de la mutualisation, ce sera au bénéfice des distributeurs autant qu’à celui de leurs fournisseurs.
Trace One va, avec Eqos, compléter son offre de « solutions e-collaboratives » à l’aide d’autres technologies, pour la gestion des marques de distributeurs. Ainsi, bien que Trace One soit beaucoup plus spécialisé qu’Eqos dans l’alimentaire, l’entretien et l’hygiène, l’association des deux sociétés devrait permettre de dégager des synergies profitables à l’ensemble des clients. Trace One « devient le seul acteur du marché à proposer une plateforme collaborative internationale multisecteurs », se félicite Jérôme Malavoy. De leur côté, les distributeurs sont rarement spécialisés dans l’alimentaire. Ils usent de processus transversaux communs à toutes leurs catégories de produits et souhaitent naturellement bénéficier d’une solution globale de la part d’un partenaire unique. Carrefour et Auchan ont donc tout à gagner de l’extension du groupe Trace One. Au profit des industriels, un des grands projets en cours de développement est le portail des innovations.
L’avantage compétitif du nouveau groupe sur le marché européen s’appuie sur son grand nombre (6 200) de clients distributeurs et d’industriels. « Il n’existe pas de concurrent qui propose des solutions pour tous secteurs, et qui soit présent à la fois sur le marché français et international », considère-t-il. Son développement à deux chiffres (entre 20 % et 30 % de croissance annuelle) lui garantit de rester en tête sur le marché des MDD (soit plus de 30 % de parts de marché en volume dans sept pays européens). Trace One cumule 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et estime faire économiser aux industriels français, en moyenne, le double de ce chiffre d’affaires sur le produit cahier des charges.
Sylvie CARRIAT