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Coproduits animaux

jeudi 24 juin 2010

Les petfoods marchent aux protéines animales


Le Sifco (Syndicat des industries françaises des coproduits animaux) se réjouit de l’intérêt croissant du petfood pour ses protéines, mais regrette que la nutrition animale ne soit pas plus friande de ses graisses.

Avec désormais 70 % des volumes de PAT (protéines animales transformées) de catégorie 3 produites en France, le petfood confirme son intérêt. Hormis les os à gélatine, les petfood apprécient toutes les catégories de produits disponibles : les PAT multi-espèces (dont les ruminants), de volailles, de porc, de sang et les cretons, comme les farines de poisson. Le doublement des volumes consommés par ce segment de marché en trois ans constitue une particularité française : dans l’ensemble de l’Union européenne, la part des petfoods n’est que de 60 %. « Sachant que la France pèse 18,6 % des volumes de l’Union, la différence est importante » soulignait Patrick Coelenbier, président du Sifco, lors de l’assemblée générale du syndicat le 9 juin dernier. L’alimentation animale utilise quant à elle quelques tonnes issues du sang et des farines de poissons pour l’aquaculture.
Les fertilisants, c’est-à-dire la valorisation la plus faible parmi les débouchés autorisés, ne représentent que 17 % des utilisations de PAT dans l’Hexagone contre 34 % dans l’UE. Le stockage ne représente plus que 1 825 t sur les 444 571 t produites l’an passé.

L’interdiction des graisses, une « distorsion de concurrence »
L’autre catégorie de coproduits animaux proposés par les 12 adhérents du Sifco, les graisses, montre également une spécificité française. L’oléochimie-savonnerie absorbe plus de la moitié de la production française contre 30 % dans l’UE. Et les débouchés en alimentation animale sont bien moindres que dans l’Union (24 % contre 36 %). « Mais, pour ces deux débouchés, les ventes se font à l’exportation » insiste Patrick Coelenbier. Il rappelle que 70 000 t de graisses seraient disponibles pour une meilleure valorisation dans les aliments pour monogastriques fabriqués en France. « Le Sifco a obtenu la confirmation écrite, par la DGCCRF, de l’acceptation de la présence fortuite de fragments d’os ou de constituants de matières d’origine animale dans les graisses, le 20 janvier 2009 », rappelle le syndicat. Le prix des graisses, après la flambée des cours de 2008, est tombé à des cours historiquement bas et serait évidemment revalorisé si des utilisations se signalaient. Pour sécuriser des volumes supplémentaires, le Sifco demande la levée de l’interdiction de la valorisation des graisses d’après fente des animaux nés, élevés et abattus en France avant le 1er juillet 2001. L’Allemagne, qui était la dernière avec la France à maintenir cette interdiction, l’a levée en juillet 2009. Sachant qu’aucune méthode de contrôle n’est disponible pour reconnaître aux frontières la nature avant ou après fente des graisses, Patrick Coelenbier qualifie donc cette mesure de « distorsion de concurrence ».
Le Sifco a présenté en juillet 2009 son guide des bonnes pratiques des matières de catégorie 3 aux représentants de la DGAL. « L’envoi d’une version finalisée en 2010 laisse présager une validation y compris par l’Afssa en 2011 », espère le président. Un autre guide, concernant les coproduits pouvant être destinés à l’alimentation humaine (minerai d’os à gélatine, fonte de gras ou produits sanguins), est en cours de rédaction.

Des avancées réglementaires
Quant aux matière collectées, le changement de système, avec la fin du système public d’équarrissage, n’a pas modifié le volume global annuel traité de matières C1 et C2 (un peu plus d’un million de tonnes, tant les animaux trouvés morts que les saisies et les matériels à risque spécifiés). La France a ainsi rejoint les quelques pays européens (comme le Danemark et le Royaume-Uni) pour lesquels les États ne participent pas ou peu au financement de la collecte et de la destruction des cadavres d’animaux. Les éleveurs doivent souscrire un contrat ou adhérer à un organisme qui souscrit un contrat. Les ATM (animaux trouvés morts) se sont mis en place dans certaines filières et fonctionnent bien (porcs, volailles de chair et palmipèdes gras). Mais le Sifco pointe du doigt les filières en retrait comme le lapin (qui avance cependant dans le sens de l’équilibre), la volaille de ponte et, surtout, les ruminants : « Nous espérons que cela sera finalisé avant l’été, mais nous avons souvent espéré » disait son président à l’AG. L’État accompagne cependant la dette qui lui reste envers les sociétés d’équarrissage, l’apurement devant en être assuré au plus tard en janvier prochain.
Enfin, la voie vers la reconnaissance de l’avantage énergétique des graisses semble bien engagé avec la publication le 21 mai dernier de l’arrêté exemptant le MHA (ester méthylique d'huile animale) de taxe sur les activités polluantes. Les industriels espèrent que l’Ademe inclura donc les coproduits animaux dans ses prochains appels à projet attendus en septembre.
Yanne BOLOH
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La fin des restructurations

Les restructurations se terminent en 2009. Akiolis group a finalisé l’acquisition complète de Ferso Bio (Sud-Ouest). Saria a développé de nouveaux ateliers en Vendée et en Bretagne pour traiter séparément les PAT de porc et de volaille (se préparant à une éventuelle réautorisation en nutrition animale excluant le cannibalisme) et construit son premier méthaniseur. La Sopa a lancé la construction d’une nouvelle usine dans le Cantal.



Farines animales

La réautorisation des farines animales fait de nouveau parler d’elle. Le Conseil national de l’alimentation prépare le mandat de son prochain groupe de travail sur leur acceptabilité sociétale. Et la Commission européenne ne serait pas contre à moyen terme, pour les monogastriques, si tout risque de cannibalisme est bien écarté ; car, selon Willem Penning de la DG Sanco, qui s’exprimait au congrès de la Fefac à Hambourg, « ce qui est bon pour l’homme doit pouvoir être bon pour l’animal ». Après les grandes interdictions des années 2000, les réticences restent vives. Bien que réautorisées, les graisses n’ont pas encore vraiment fait leur retour dans les formules d’aliments pour animaux en France : les cahiers des charges sont encore très largement minéraux et végétaux. Et si, pour Hervé Collet (Saria Bio Industrie), « ce sont aux clients de communiquer sur la composition de leurs produits, nous ne sommes que des vendeurs de matières premières », les enjeux de communication ne peuvent se gérer que collectivement selon Pascale Briand, de la DGAL, présente à l’AG du Sifco.



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