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Restauration collective

jeudi 17 décembre 2009

Ekibio veut aider les cantines à se mettre au bio


Le groupe ardéchois Ekibio veut développer les produits bio en restauration collective et commerciale. Une plateforme de distribution spécialisée sera mise en place en mars à Valence.

20% de produits bio dans les cantines scolaires d’ici à 2012 : c’est pour aider cette réforme du gouvernement que le groupe Ekibio (anciennement Euro-Nat) a décidé de créer une plateforme logistique de produits bio entièrement dédiée à la restauration. Implantée à Valence, dans la Drôme, celle-ci devrait être opérationnelle en mars prochain. « Il est encore un peu tôt pour évoquer le budget de ce projet, néanmoins, nous avons déjà prévu de fonder une nouvelle société avec 5 ou 6 créations de postes », explique Didier Perréol, PDG fondateur du groupe. Cette nouvelle entité sera filiale à 100 % d’Ekibio, comme toutes les autres sociétés du groupe. « Mon ambition est de simplifier la vie des acheteurs de restauration pour qui commander des produits bio s’apparente très souvent à un vrai parcours du combattant », note Didier Perréol. Ainsi, la plateforme référencera toute la gamme de produits fabriqués et commercialisés par Ekibio et ses filiales (pâtes, biscuits, potages, mélanges de farines, sauces déshydratées, quinoa…), mais aussi des produits frais locaux (produits traiteurs, laitiers, viandes…). Quant au succès de ce projet, Didier Perréol est très confiant : « De plus en plus de collectivités s’engagent pour une restauration biologique, à l’instar de la municipalité de Saint-Étienne, dans la Loire, qui va bien au-delà des recommandations nationales avec le projet de faire 100 % de ses repas scolaires en bio d’ici 6 ans. »

Développement durable et économie locale
Pour autant, le projet de création de plateforme reste à l’échelle régionale. « Notre entreprise est très engagée. En plus de faire du bio, nous prenons un soin particulier en ce qui concerne le soutien à l’agriculture locale ou encore notre empreinte écologique. Il ne s’agit donc pas de créer une superplateforme, référence en matière de bio, mais bien de mettre en place un outil pratique et écologique pour soutenir l’ensemble des filières locales », rassure le PDG de l’entreprise qui est certifiée Iso 9001 et Iso 14001. D’ailleurs l’entreprise n’en est pas à son coup d’essai en matière de développement responsable. Pour l’année 2009, Ekibio a reçu pas moins de 4 distinctions. La dernière en date est le prix « management et initiative pour le développement durable », décerné par le ministère du Développement durable et l’Ademe. Ekibio a également reçu des assurances Generali le prix « agir pour notre avenir », qui récompense les sociétés qui s’engagent pour une performance durable, mais aussi le prix « ambition » de la région Centre-Est-Banque Palatine-La Tribune, qui distingue la société la plus dynamique dans la catégorie développement durable, et enfin le prix « business vert » décerné par Ernst & Young.

Recentrage sur l’alimentaire
Au-delà de l’aspect développement durable de l’entreprise, le groupe Ekibio (66 millions d’euros, 173 salariés) mise également sa stratégie de croissance sur un recentrage de ses activités autour de l’alimentaire. En effet, le groupe détient à ce jour plusieurs filiales dont Euro-Nat (chiffre d’affaires prévisionnel 2009 : 52 millions d’euros avec un effectif de 84 salariés), Territoire (fabricant de biscuits sous la marque Buisson, chiffre d’affaires 2 millions d’euros), Pâtes Nicolas (fabricant de pâtes sous la marque Priméal, 2 millions d’euros), Sopadiet (fabricant de potage déshydraté et mélange de farine, 5 millions d’euros), Jatariy (entreprise en Bolivie spécialisée dans la production et le commerce du quinoa, 4 millions d’euros) et enfin Bio Coton (textile bio, 1 million d’euros). Didier Perréol souhaite vendre cette dernière et, dans le même temps, acquérir deux autres sociétés spécialisées en alimentaire dans le courant de l’année prochaine. Des négociations sont déjà très avancées dans ce domaine, mais le dirigeant de l’entreprise ne souhaite pas dévoiler le nom et les activités de ses futures filiales car ces deux acquisitions seront formalisées dans le courant du premier trimestre 2010.
C. C.
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La restauration collective se met au bio

L’Agence Bio a publié le 19 octobre dernier l’Observatoire des produits biologiques en restauration collective. Ainsi, les estimations du Gira Foodservice recensent 72 700 structures de restauration collective publiques ou privées, qui distribuent plus de 8 millions de repas chaque jour, réparties en trois secteurs : l’enseignement (38 % des repas servis), le travail (15 % des repas servis), la santé et le social (38 % des repas servis) et enfin les autres collectivités (centre de vacances, armée, prison, 9 % des repas servis). Fin janvier 2009, 36 % de ces établissements avaient introduit des produits biologiques dans la composition des repas. L’introduction est plus significative dans le secteur public (41 % des établissements) que dans le privé (26 % des établissements). D’après les estimations issues de l’étude Gressard/CSA/Agence Bio, les formules retenues sont variables. 50 % des établissements proposent des menus/plats comportant des produits bio, 39 % proposent des menus bio, 11 % proposent des plats bio, 5 % proposent au moins un produit bio tous les jours.


Décryptage

L’introduction des produits biologiques en restauration collective s’est généralisée en 2006, avec les conclusions du Grenelle de l’environnement et la parution de la circulaire d’État préconisant l’introduction de 20 % de produits biologiques d’ici à 2012. En 2008, plus du tiers des établissements collectifs proposait des produits bio pour la première fois, pour un volume d’achat global de 44 M€. Début 2009, une étude Gressard/CSA/Agence Bio estimait que 36 % des établissements de la restauration collective (soit 26 000 établissements) proposent du bio au moins une fois de temps en temps. Les produits le plus souvent proposés par les restaurants collectifs sont les fruits, les produits laitiers et les légumes. Et le marché des produits bio en restauration a encore de beaux jours devant lui. En effet, la même étude montre également que 71 % des restaurants collectifs qui ne proposent pas encore de produit bio ont l’intention de le faire d’ici à 2012.


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