Energie |
jeudi 04 mars 2010 |
EDF propose des économies d’énergie « sur mesure »
La réduction de la consommation d’énergie et de la trace « carbone » est désormais prioritaire pour l’entreprise. Question d’image bien sûr, mais surtout source d’économies. Exemples dans le nord de la France avec DSM et les Moulins Waast.
À 76 ans, Émile Waast a toujours l’œil pétillant et des projets plein la tête. Aidé de ses deux fils Emmanuel et Michel, il fait tourner le moulin familial implanté depuis 1896 en plein cœur de la Pévèle. Dans tout ce qu’il entreprend, le meunier est toujours à l’avant-garde et sait parfaitement allier innovation et créativité dans le respect de la tradition.
Chaque année, il produit de 13 000 à 15 000 tonnes de farines, dont environ 10 % commercialisées en circuits courts. Mix campagne, mix sept céréales, multigrains, son, châtaigne, maïs, sans ou avec gluten, riche en oméga 3… la gamme est très large !
Chez lui, la notion de développement durable n’est pas un vain mot. Il s’en est saisi depuis longtemps et la conjugue au quotidien dans son moulin de Mons-en-Pévèle, perché à quelque 109 mètres de haut. « Dans tout ce que nous entreprenons, nous avons toujours eu cette démarche de développement durable », expliquait-il le 27 janvier dernier. C’était à l’occasion d’une visite organisée par EDF Optimal Solutions dans deux entreprises agroalimentaires du Nord.
Un amortissement en dix ans
En 2008, le meunier souhaite réhabiliter 367 m2 de vieilles toitures « Eternit » en amiante-ciment. Il a eu aussitôt le réflexe photovoltaïque dans une Pévèle qu’il voudrait bien voir devenir totalement « HQE ». Il vient d’achever une première tranche d’investissements, soutenu par EDF Optimal Solutions. Cette filiale d’EDF a pris en charge l’ensemble du chantier : des démarches administratives au financement et à la maintenance, en passant par la coordination de l’ensemble des partenaires.
Le projet portait sur l’installation et le financement (92 000 euros) d’une centrale photovoltaïque, associant à la fois 130 m2 de panneaux polycristallins pour les toitures à forte inclinaison qui produisent environ 130 W/m2 à de la membrane photovoltaïque (50 W/m2), particulièrement adaptée aux toits faiblement inclinés.
Un onduleur permet de transformer le courant continu en courant alternatif. Émile Waast a tenu également à installer un affichage digital permettant aux clients du magasin de visionner les économies réalisées. Avec une production annuelle moyenne de 9 500 kWh et un tarif de rachat négocié à l’époque à 60 centimes d’euros, il engrange de 5 000 à 6 000 euros par an de recette de revente d’électricité. Il évite surtout le rejet de 4 tonnes de gaz carbonique dans la nature. Il compte bien amortir son installation d’ici 10 à 12 ans, en tenant compte des subventions de l’Ademe et du conseil régional.
Récupération de la chaleur
Non loin de là, EDF Optimal Solutions est aussi intervenu chez DSM, l’un des spécialistes mondiaux de la production d’enzymes alimentaires, implanté à Seclin (59). « Notre groupe s’est fixé des objectifs ambitieux en matière d’économie d’énergie. Depuis 2005, nous avons réalisé 8 % d’économie d’énergie. Nous devons en faire 20 % de plus d’ici 2020 », témoigne Dominique Boussement, chef du bureau d’études.
Dans le groupe hollandais, on travaille beaucoup sur la maîtrise et la récupération d’énergie. Tout est passé au crible : la fabrication de l’air comprimé, la production de vapeur, le contrôle de l’eau glacée, les fuites, le recyclage de l’eau chaude… et l’investissement dans de nouveaux matériels.
EDF Optimal Solutions y a réalisé un audit énergétique complet à la suite duquel les spécialistes ont identifié deux postes à forte dépense énergétique.
L’investissement réalisé a permis de récupérer la chaleur dégagée par deux compresseurs, en abaissant la température de 140 °C à 60 °C, grâce à la pose d’un échangeur tubulaire. Il comprend une station de pilotage permettant le contrôle de ce système de récupération de l’air chaud produit par les compresseurs. La somme investie s’élève à 400 000 euros. Mais le système permet une réduction de la consommation de gaz de 2,8 GWh, soit une économie de 77 500 euros par an. L’économie globale générée par l’installation (gaz, produits et électricité) s’élève à 115 000 euros pour des travaux menés en six mois.
La nouvelle installation a été mise en service en janvier 2009, après six mois de mise au point. « C’est compréhensible, il a fallu installer ce système dans l’ensemble de la chaîne de production mais parler aussi le même langage que celui des techniciens du site », a souligné Alain Rigazio, directeur de l’agence Nord-Ouest d’EDF Optimal Solutions.
Thierry Becqueriaux