Viniviticulture |
jeudi 08 avril 2010 |
Vin : une année 2009 négative
L’année 2009 aura été négative pour la viniviticulture mondiale, de la production à la consommation, en passant par les échanges internationaux. En matière de consommation et d’échanges, les résultats négatifs de l’année passée sont clairement imputables à la crise.
La production mondiale de vins a baissé l’an dernier. La chute de la production a représenté 1,4 million d’hectolitres (Mhl), un volume à relativiser, puisque la vendange mondiale estimée par l’OIV (Organisation internationale de la vigne et du vin) s’est élevée à 265 Mhl. Une baisse de production vinicole peut avoir pour origine aussi bien une politique volontariste de réduction par le biais de celle du vignoble (comme c’est le cas dans l’Union européenne, dont le vignoble s’est rétracté de 2,5 % en 2009), que des causes climatiques auxquelles la vigne est très sensible, comme en Australie ; ou les deux à la fois. Plus que le volume produit, le meilleur repère de la tendance de cette culture reste la taille du vignoble. Celui-ci couvrait 7,8 millions d’hectares (Mha) en 2006 et a régressé régulièrement les deux années suivantes pour aboutir à 7,64 Mha (chiffre provisoire) en 2009, dont 3,93 Mha, chiffre relativement stable, hors Communauté européenne, notamment dans les pays du Nouveau Monde.
Les Européens trinquent de moins en moins
L’OIV situe la consommation mondiale de vin entre 230,6 et 242,5 Mhl, soit 236,6 Mhl en milieu de fourchette, 6,8 Mhl de moins qu’en 2008. C’est un repli conséquent après un recul précédent de 6,8 Mhl en 2008. Tous les grands pays producteurs-consommateurs dans l’Union à 15, ont vu leur consommation diminuer l’année dernière, comme ce fut notamment le cas pour la France, - 900 000 hectolitres, ou, plus encore, l’Italie, - 1,66 Mhl. Parmi les pays hors UE, on notera quelques exceptions tel le Brésil, qui progresse de 200 000 hectolitres, à 3,2 Mhl. Mais le plus gros consommateur mondial après la France, les États-Unis, accuse un recul de 700 000 hectolitres, à 27,2 Mhl.
Les échanges, plus encore que la baisse de consommation, sont le symbole de la crise économique. Ces échanges ont accusé en 2009 un recul de 3,6 %, en affichant 86,1 Mhl. L’OIV souligne que c’est la première fois depuis 2000 que cette situation se présente. Rappelons que la France, premier exportateur mondial en valeur, a durement ressenti cette récession. Cette orientation du marché incite les distributeurs à s’approprier une partie de la création de valeur en cherchant à conditionner au plus près des lieux de consommation. D’où la progression des échanges en vrac qui n’est pas un signe très positif.
P. G.