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jeudi 01 juillet 2010

Pêches-nectarines : les coops mûrissent leurs alliances


Les prévisions de pêches-nectarines, présentées au cours d’Europêch’ début mai, ont été réactualisées, laissant apparaître quelques modifications. En France, la priorité est aux regroupements des coopératives et à la recherche de stratégies commerciales communes.

«En pêches, souligne Éric Hostalnou, responsable du service arboriculture de la chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales, la prévision a été réévaluée à la hausse en Andalousie avec des pertes inférieures à ce qu'on avait pu craindre. Pour les autres pays, peu de modifications sont à noter avec une récolte européenne inférieure de 3 % à celle de l'année passée pour les pêches et les nectarines » En volume, cela se traduit par une récolte à 2,7 millions de tonnes pour les deux fruits. En revanche, le retard des récoltes annoncé dans l’ensemble des pays producteurs européens n’a pas été récupéré, d’où des risques de collision entre pays concurrents. Ce phénomène va également entraîner un raccourcissement de la période de commercialisation avec des volumes quasiment identiques à ceux de l’an dernier. Ce retard de maturité a déjà largement profité aux régions d’Andalousie et de Murcie qui, outre des volumes plus importants que prévu, ont tiré des prix très intéressants sur les variétés précoces. L’arrivée en production de l’Extramadure, de l’Aragon et de la Catalogne devrait néanmoins peser sur le prix des pêches et nectarine et la baisse des prix se fait déjà sentir. De plus, l’arrivée de la variété Big bang pourrait plomber le marché, estiment certains opérateurs. « Nous sommes dans la montée du col, ajoute Éric Hostalnou. Les gros volumes vont débarquer la semaine prochaine. Si le marché suit, cela passera. Sinon, on risque de « prendre le bouillon ». Il tient par ailleurs à refaire le point concernant les intenses orages de grêles qui se sont abattus sur le département des Pyrénées-Orientales. « Une cartographie des zones affectées a été réalisée, explique Éric Hostalnou. Les zones les plus touchées sont les zones viticoles et les dégâts sont moindres en arboriculture. Le couloir de grêle a touché une partie d’Ille-sur-Têt en remontant le Têt jusqu’à Saint-Michel-de-Llotes. Globalement, les pertes se situent autour de 2 000 tonnes, ce qui ne devrait pas amputer préjudiciablement l’activité des grosses stations fruitières de la zone ».

En France, l’heure est à la restructuration

En France, en raison du recul des superficies et des arrachages liés à la sharka qui obère les volumes, l’heure est à la restructuration commerciale. Dans les Pyrénées-Orientales, Ille Fruits et la coopérative La Tour marchent main dans la main : « La mutualisation des volumes, d’environ 25 000 tonnes, renforce notre réactivité face aux demandes et aux exigences des distributeurs. » L’an dernier, les deux coopératives avaient créé un bureau commercial commun qui a été abandonné cette année : « Des changements à la direction de la coop de La Tour ont amené à cette décision. Néanmoins, nous travaillons ensemble au sein d’un comité de pilotage géré par les présidents des deux coopératives sur le renforcement de notre stratégie commerciale et le marketing commun. »

Dans la vallée du Rhône, les regroupements s’accélèrent

Didier Baley, directeur général de Ille Fruits, annonce « un déficit de quelques tonnes qui pourrait être compensé par une augmentation du calibre. » Dans la vallée du Rhône également, les regroupements s’accélèrent. Un mouvement dicté à la fois par la situation économique et les problèmes de Sharka qui ont décimé les rangs des producteurs et de nombreux opérateurs commerciaux. En mai dernier, Rhodacoop (7 000 tonnes de pêches-nectarines) a annoncé la fusion absorption de Drôme Fruits : « Nous étions peu actifs sur le marché de la pêche-nectarine, explique Christophe Claude, directeur de Rhodacoop. Mais ce sont les premiers fruits d’été et nous ne pouvions continuer à être absent. » La restructuration a débuté l’an dernier avec la fusion-absorption de Coopérieux, et se poursuit donc par celle de Drôme Fruits. « C’est une intégration pleine et entière, ajoute Christophe Claude, car nous considérons que les accords commerciaux qui se multiplient sont trop fragiles. »
De son côté, le groupement d’intérêt économique (GIE) de l’Hermitage s’est engagé dans de nouveaux partenariats commerciaux. Il s’agit pour cette saison d’un accord commercial avec Lorifruit. « Le contexte est limité, précise Bruno Darnaud, président du GIE, et les opérateurs commerciaux ont des difficultés à se positionner. Il est indispensable de trouver de nouveaux partenariats. Je pense même que nous irons plus loin dès 2011 avec la création d’un bureau commercial commun. » Les deux structures annoncent pour cette saison un potentiel de 6 200 à 6 500 t pour le GIE et 5 800 pour Lorifuits. Néanmoins, pour les zones tardives, les craintes sont les mêmes que pour les zones précoces : « J’ai le sentiment, explique Bruno Vaissière, directeur du GIE, qu’il n’y aura pas de grosses différences de dates entre l’arrivée des précoces et des tardives dès les semaines 26 et 27. Pour l’heure, nous démarrons et les prix sont encore corrects, mais sur 1 ou 2 % de la récolte, cela n’a aucune signification. »
Catherine Brunner
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Partenariats

Quatre coopératives des Pyrénées-Orientales, Ille Fruits, la Melba, la Jardinière et La Tour lancent cette année un nouveau concept.
Il s’agit d’un « baby » de 2 kg de pêches et nectarines de calibre A « cueillies à maturité. » Ce colis sera commercialisé sous la marque « La vallée des pêches. » Des accords de partenariat ont été signés avec les enseignes locales de la région de Perpignan (Carrefour, Auchan, Leclerc et Casino) avec des engagements sur les prix. En revanche, le partenariat avec les détaillants spécialisés n’a pas été finalisé. L’opération sera soutenue par Sud de France. L’an dernier, la Coop de La Tour et Ille Fruits avaient déjà connu un grand succès avec le lancement d’une barquette de trois fruits (pêches ou nectarines) proposée au prix de 0,99 € tout au long de la saison. 1,8 million d’unités de la marque « Vision’Air » avaient été écoulées et l’opération sera reconduite cette année avec Carrefour afin d’augmenter encore les ventes.


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