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jeudi 17 juin 2010

Les industriels doivent s’adapter au retour du « fait maison »


Les Français prennent de nouveau goût à la cuisine. En 2009, les ventes d’électroménager pour préparations culinaires ont progressé de 20 %. Une nouvelle forme de concurrence pour les industriels.

Le retour au « fait maison » est-il un phénomène de mode ? La question passionne les médias. La semaine dernière, les journalistes s’étaient déplacés en masse à la conférence de presse sur le sujet, organisée par le Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils d’équipement ménager (Gifam). Venus présenter leurs derniers robots (comme la céréalière de Brandt ou le « Fait Maison » de Lagrange), les fabricants ont annoncé leurs chiffres pour le secteur des préparations culinaires. « En un an, les ventes de petit électroménager pour préparations culinaires ont augmenté de 19,4 % (à fin mars selon les chiffres du Gifam). Sur le premier trimestre, la progression était encore de 11,5 % », a indiqué Gérard Salommez, vice-président du Gifam. En tête de croissance des ventes : robots (+27 %), blenders (+14 %), hachoirs (+69 %) et presse-agrumes (+11 %). « Le prix moyen d’achat est assez faible, de l’ordre de 58 euros en 2009 ; pour les ménages il n’y a donc pas d’arbitrages entre acheter un mixeur et partir en vacances », a expliqué Gérard Salommez. Il faut dire aussi que les industriels du secteur ne ménagent pas leurs efforts pour promouvoir leurs nombreuses nouveautés (les marques renouvellent chaque année un tiers de leurs produits). L’investissement publicitaire du secteur a augmenté de 25 % en début d’année. Un dynamisme qui aura certainement des conséquences sur les industries agroalimentaires.

« Pour manger sain » avant tout
Si les Français achètent ou se font offrir (dans 30 % des cas) des robots électroménagers, une fois installés dans leurs cuisines, ils s’en servent ! Selon une enquête réalisée par TNS-Sofres, les Français déclarent préparer régulièrement à la maison soupes et purées (à 58 %), pains et brioches (53 %), jus de fruits et smoothies (48 %) et plats cuisinés (87 %). Respectivement 60 % et 50 % disent pratiquer plus souvent la fabrication de pains et brioches et jus de fruits et smoothies depuis deux ans. Ces déclarations correspondent à l’apparition récente sur le marché des machines à pain et « blenders », que possède déjà un tiers des ménages français. Pourquoi les Français se remettent-ils à cuisiner ? Selon l’étude TNS, la nécessité économique ne serait pas la première raison déclarée. Pour 34 % des personnes interrogées, le plus important dans la cuisine maison (par opposition aux plats achetés tout prêts) serait de manger sain et mieux maîtriser les ingrédients composant les repas. 22 % citent aussi en premier le plaisir, le côté économique n’arrivant qu’en quatrième position avec 12 % des déclarations, derrière la convivialité (21 %). Un autre sondage, réalisé par l’Ifop (pour Advanced Track & Trace) et publié récemment, révèle que 82 % des Français souhaitent plus d’informations sur la qualité des produits alimentaires. 70 % indiquent qu’ils aimeraient être informés sur l’origine des produits, 47 % souhaitent en savoir plus sur les conditions de fabrication des produits alimentaires et 31 % sur les étapes de fabrication.

Les industriels poussés à simplifier leurs recettes
Loin d’être anodins, ces résultats ne manqueront pas d’interpeller les industriels. Spécialiste de l’alimentation infantile, Blédina a déjà engagé une démarche de simplification des recettes et réduit le nombre d’ingrédients pour reconquérir des parts de marché face au « fait maison ». Le fabricant de soupes Liebig a également retravaillé ses recettes pour se rapprocher du goût des soupes maison, où les ingrédients sont plus facilement identifiables que dans les mélanges des classiques briques industrielles. Pour les industriels, faire simple demande néanmoins une révision en profondeur du process de fabrication. La concurrence du « fait maison » nécessite aussi parfois un effort d’imagination supplémentaire de la part des services marketing. Face à la baisse de ses ventes, Liebig a ainsi proposé aux consommateurs des recettes pour varier l’usage de la soupe, comme base de préparation aux quiches par exemple. 1,2 million de consommateurs auraient déjà testé l’idée chez eux, indique le service marketing du fabricant. S’inscrivant dans la tendance de l’alimentation santé, le retour des Français en cuisine pourrait perdurer au-delà du phénomène de mode. Selon le sondage TNS pour la Gifam, 89 % des Français estiment que le phénomène va prendre de l’ampleur. Ayant d’abord touché les femmes de 35 à 49 ans, il pourrait bien gagner les hommes, selon le sociologue Yohan Gicquel.
N. M.

8 Français sur 10 font souvent la cuisine

8 Français sur 10 font souvent la cuisine
87 % des Français déclarent préparer le plat de résistance eux-mêmes à la maison au moins une à deux fois par semaine. Plus surprenant, 53 % disent confectionner pains et brioches à la même fréquence. Pour l’instant, seuls 6 % déclarent préparer des yaourts chez eux, mais les fabricants d’électroménager misent sur la yaourtière comme prochain achat cadeau : Brandt sort sa fromagère, Moulinex sa Yogurteo et Lagrange sa « Fait Maison ».


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