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Bilan 2009

jeudi 11 février 2010

La tendance bio gagne les campagnes


Malgré la crise, la consommation de produits bio a connu une progression à deux chiffres l’an passé. Pour répondre à cette demande qui semble durable, le rythme des conversions s’est accéléré du côté des producteurs.

Aux dires d’Élisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio, l’agriculture bio est depuis 2009 définitivement passée au-delà du phénomène de mode. Lors d’un point presse la semaine dernière, Pascal Gury, agriculteur et président de l’agence, n’hésitait pas pour sa part à assurer que « le fort développement de la conversion assurerait rapidement un équilibre offre-demande en France ». Pourtant, à regarder les derniers chiffres de l’agence, l’agriculture bio est certes en réelle progression, mais reste très minoritaire par rapport à l’agriculture traditionnelle. « Depuis le début de l’année 2009, 300 agriculteurs par mois se sont convertis au bio », révèle Élisabeth Mercier. En un an, le nombre des exploitations conduites sur le mode bio est passé de 13 300 à 16 400, enregistrant une progression de 23 %. « C’est l’équivalent de la croissance de l’ensemble des 7 dernières années », souligne la directrice de l’Agence Bio. Elle estime les surfaces en bio à 670 000 ha (dont 154 000 ha en conversion), soit 2,4 à 2,5 % de la surface agricole utile française. On est encore loin de l’engagement du Grenelle de l’environnement d’atteindre les 6 % d’ici à 2012. Pascal Gury affirme que l’on « sera en phase d’atteindre ces objectifs, ou en tout cas, on n’en sera pas loin ». Une opinion que ne partagent pas tous les acteurs du bio. Selon Dominique Marion, président de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab), même avec une augmentation chaque année de 20 % du nombre d’agriculteurs faisant du bio, « on atteindra 4 ou 5 % des surfaces au grand maximum ».

L’importation progresse de « quelques points »
En attendant, Élisabeth Mercier le reconnaît elle-même, les importations de matières premières agricoles bio devraient avoir progressé « de quelques points » en 2009. En 2008, 30 % des achats de produits bio effectués par les consommateurs français provenaient déjà de l’importation (d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Belgique et du Danemark essentiellement). Alors que la production décolle doucement en France, la consommation a fortement augmenté en 2009. « Le bio représentait 1,7 % de la consommation totale en 2008. En 2009 on devrait être autour de 2 % », avance Élisabeth Mercier. Sans vouloir dévoiler le chiffre exact, elle estime que l’an dernier le marché du bio (d’une valeur de 2,6 milliards d’euros en 2008) aurait enregistré une croissance comprise entre 10 et 20 %.
Selon le 7e baromètre de l’Agence Bio, 46 % des Français consomment au moins une fois par mois un produit bio (et 9 % en consommeraient tous les jours). En contexte de crise, 84 % déclarent avoir maintenu leur consommation l’an passé et 11 % affirment l’avoir augmentée. Fin octobre, 25 % des consommateurs de produits bio déclaraient avoir l’intention d’augmenter leur consommation et 71 % vouloir la maintenir dans les six prochains mois.
Qui achète bio ? Contrairement aux idées reçues, le bobo parisien ne serait pas le profil type. Cadres et professions intellectuelles représentent 17 % des acheteurs, les professions intermédiaires 18 %, les employés 11 %, les retraités 27 % et les ouvriers 16 % (en progression de 5 % par rapport à 2008). L’arrivée d’un bébé dans un foyer serait l’une des causes principales à la « conversion » au bio.
En 2010, la baisse des prix sur certains produits bio pourrait dynamiser davantage la consommation. « Sur les céréales, les pâtes et le riz, les prix devraient baisser de 10 % cette année », a annoncé Didier Péréol, vice-président de l’Agence Bio et du Synabio (syndicat des transformateurs), se référant aux contrats conclus entre industriels et producteurs.
Nathalie Marchand

Porc : des prix plus élevés

Porc : des prix plus élevés
La fermeté a fait son retour la semaine dernière. Alors que nos voisins européens affichaient des références en hausse depuis fin janvier, la France misait jusque-là sur un maintien de ses tarifs. Or, tous les paramètres sont désormais réunis pour tirer les cours vers le haut. D’un côté, les niveaux d’offre baissent. De l’autre, la demande est plus soutenue, notamment à l’export. Le marché intérieur pourrait toutefois montrer des signes de faiblesse ces prochains jours, sous l’effet de la fin de mois et des vacances scolaires. Cela ne devrait pas peser sur les prix en amont, vu les nouvelles hausses opérées en Europe.


Beurre : tassement des cours

Beurre : tassement des cours
Le marché du beurre a été très mouvementé ces derniers temps. Après la pénurie de décembre qui a vu les cours monter aux niveaux de fin 2007, la situation se détend un peu. La demande est calme actuellement, particulièrement au niveau des achats en GMS. L’évolution de la situation est difficile à envisager car la suppression des quotas laitiers en mars devrait transformer le paysage agricole. La collecte française reste toujours en deçà de son niveau de l’an dernier, à 1,7 % de moins, et peine à se redresser, dans un contexte économique très défavorable à la production de lait. C’est pourquoi certains opérateurs de la filière craignent une nouvelle pénurie de lait français.


Bovins : tension sur la viande

Bovins : tension sur la viande
La demande est réduite en cette période de vacances scolaires. Dans ce contexte, les abattoirs peinent à vendre auprès des GMS et des autres débouchés, et tentent de faire pression sur les cours. Pression qui ne réussit que si l’offre est abondante, ce qui n’est pas toujours le cas en ce moment. Les marchés sont donc très tendus. En revanche, les petits veaux voient leurs cours se maintenir, car les ventes sont fluides faute d’offre, surtout dans les laitiers, même si la demande est restreinte pour les mises en place d’été. Cependant, en croisés, les acheteurs trient et écartent les animaux inférieurs, ce qui laisse entendre qu’à court terme les prix devraient se réorienter à la baisse, comme souvent à cette période.


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