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Viande

jeudi 11 mars 2010

La RHF, un débouché pour la viande ?


Si les GMS représentent 60 % des achats des produits carnés, la RHF a pris la seconde place en 2009, avec près de 25 %. Cette part a progressé de 10 points depuis 1999. Pour ce secteur en difficulté, s’intéresser à ce débouché évolutif est donc essentiel.

La restauration hors foyer (RHF) a servi 6,7 milliards de repas en 2008, d’après une étude du Crédoc pour FranceAgriMer. 22 % des déjeuners ont été pris hors domicile en 2007. Suite à la crise, mais aussi à la progression de la part des plus de 55 ans dans la population, cette proportion a diminué de 2 % depuis 2003. La RHF reste néanmoins un poste non négligeable dans le budget des ménages, à hauteur de 4,8 % en 2009. Il faut distinguer la restauration collective et la restauration commerciale, qui ne satisfont pas les mêmes besoins. La restauration collective regroupe les sociétés de restaurations à but lucratif (comme Elior, Sodexo…) et les restaurants autogérés à vocation sociale (écoles, hôpitaux…) qui représentent respectivement 8,4 % et 19,3 % du marché de la RHF. Dans la restauration commerciale, ce sont les restaurateurs indépendants qui pèsent le plus, avec 53,3 % des parts de marché de la RHF contre 19 % pour les chaînes. Cependant la restauration structurée grignote des parts de marché aux dépens des indépendants.

Inversion des tendances d’achats en GMS et en RHF
Les produits carnés sont une composante essentielle de l’offre des restaurateurs. En effet, la restauration collective suit les recommandations du GEMRCN (Groupe d’étude des marchés restauration collective et nutrition) qui préconise une fréquence minimale de service de viande de boucherie et de volailles. Ainsi, quand on compare les habitudes alimentaires des Français chez eux aux menus proposés dans la RHF, on remarque, par exemple, que le veau est surreprésenté dans la restauration collective. Cette viande se prête à des préparations en sauce, prisées dans les collectivités, a un niveau de prix similaire à ceux du bœuf, mais permet surtout de varier les viandes proposées en accord avec le GEMRCN. Ainsi, alors que le veau représente 7,1 % des achats de viandes de boucherie en 2008 en RHF, il ne compte que pour 3,3 % des achats en grandes et moyennes surfaces (GMS) par les ménages en 2009. À l’inverse, la viande de porc est clairement sous-représentée dans la restauration hors foyer. Les achats de viande de porcs, charcuterie, salaison de la RHF représentent 24 % des achats de produits carnés en volume, surtout tirés par le jambon blanc, le bacon, etc. proposés par la restauration rapide. À opposer aux 41 % de porc dans le chariot des ménages en GMS. La restauration collective est en effet réticente à servir du porc pour des raisons religieuses, et substitue à celui-ci la volaille, surreprésentée elle aussi hors foyer, d’autant plus qu’elle bénéficie d’une image « santé » positive.
Quant à la restauration commerciale, le service de produits carnés s’insère dans un modèle gastronomique. Dîner au restaurant pour les loisirs intègre la notion de « plaisir », dont la viande est une composante intrinsèque.
La conception d’un plat original a fondamentalement changé en trente ans. Ainsi, selon le Crédoc, certains jeunes adultes citent la blanquette de veau comme plat exotique. Or en terme de restauration de loisir, les clients ont une démarche de manger « ce qu’on ne mange pas à la maison ». Ainsi on observe un retour des plats traditionnels dans les menus. Alors que les clients des GMS boudent les avants de bœuf, la RHF voit ses commandes augmenter. La viande bovine de qualité, via les viandes à griller, s’impose aussi par son caractère festif. On peut aussi citer l’exemple du canard, qui est surreprésenté dans les restaurants en comparaison avec les achats en GMS.

Adapter les produits aux besoins de la RHF
Les fournisseurs de la RHF doivent adapter leurs produits aux besoins en évolution de la RHF, besoins très différents selon que l’on se place en restauration collective ou commerciale.
Pour la première, la praticité des repas et la maîtrise des coûts sont primordiales. Les fournisseurs doivent donc apporter davantage de service. En effet, les produits élaborés permettent de diminuer les investissements en temps et en matériel nécessaire à la préparation des repas, tout en maîtrisant les contraintes d’hygiène. On s’oriente par ailleurs vers une évolution des modes de cuisson. Ainsi, les produits cuits à basse température ont des qualités organoleptiques supérieures, et permettent par ailleurs des DLC plus longues. Les nouvelles recommandations du GEMRCN vont par ailleurs nécessiter l’utilisation de produits moins reconstitués. Ces procédés qui peuvent être mis en place en amont sont donc clés pour les fournisseurs.
La maîtrise des coûts reste le maître-mot en RHF. La réduction des portions en est l’exemple le plus flagrant. Cette évolution se ressent très loin en amont par l’intérêt que suscitent les bovins de gabarit plus petit, à l’opposé de la sélection qui a été menée depuis les années 50. L’utilisation à contre-saison de produits surgelés va aussi dans ce sens.
Pour la restauration de service à table, les produits originaux, à forte valeur ajoutée, qui permettent à l’établissement de se construire une image, constituent des atouts en croissance. Ainsi le canard, le lapin, le bœuf de race allaitante voire le gibier, ainsi que les produits labels ou issus de l’agriculture biologique correspondent à des attentes d’une partie de la clientèle en termes de développement durable et de « santé ». Pour ces produits délaissés en GMS, développer leurs liens avec la RHF est fondamental.
Virginie PINSON

Dinde : en perte de vitesse

Dinde : en perte de vitesse

La sérénité n’est pas d’actualité pour la filière dinde. Malgré les efforts de l’amont pour ajuster son offre aux besoins du moment, le commerce demeure très délicat. Une raison surtout : la dinde continue à perdre du terrain dans les habitudes alimentaires des consommateurs. Selon TNS-Secodip, les achats des ménages ont diminué de 2,8 % l’an dernier, comparé à 2008. Et 2010 semble vouloir adopter le même mouvement. Toutes les découpes ne suivent cependant pas la même tendance. Moins onéreuse et aux débouchés plus nombreux, la cuisse se vend encore correctement. En revanche, les difficultés s’accroissent semaine après semaine pour le filet de dinde, malgré des prix toujours plus bas.



Porc : plus proche de l’équilibre

Porc : plus proche de l’équilibre

Les prix des charcutiers ont fait un rapide retour à la baisse fin février. Une consommation plus mesurée, des difficultés de revalorisation des prix de la viande et une compétitivité limitée de notre origine sur le marché européen, ont incité les abattoirs à accentuer leur pression sur les tarifs, avec succès. La première semaine de mars a toutefois été synonyme de retour à l’équilibre. Le début de mois et la fin des congés ont permis un écoulement plus régulier des découpes, et un retour aux achats des abattoirs. Les offres en élevage étant peu évolutives, les cours se sont stabilisés. Une tendance qui pourrait bien se confirmer ces prochains jours, l’ensemble des producteurs européens ayant récemment joué la carte du maintien.



Ovins : petite reprise ?

Ovins : petite reprise ?

Alors que l’arrivée des laitons sur les marchés avait orienté les cours à la baisse, les tarifs se stabilisent depuis une semaine. En effet, l’offre n’a pas atteint ses niveaux de l’an passé, et la demande se réveille. Les opérateurs commencent d’ores et déjà à préparer Pâques et espèrent que les consommateurs seront au rendez-vous du traditionnel gigot. Sur le marché des brebis, les cours grimpent, lentement mais sûrement. En effet, si la demande a peu varié par rapport aux autres années, l’offre est moindre, du fait des nouvelles mesures du bilan de santé de la Pac qui incitent les éleveurs à garder leurs femelles plus longtemps. Les bonnes brebis sont donc rares.



Broutards : des hauts et des bas

Broutards : des hauts et des bas

Sur les marchés, le commerce des broutards est très variable. Les charolais de 200 à 350 kg restent recherchés pour la repousse sur le marché intérieur ou l’engraissement à l’export, et bénéficient de prix fermes. Ce n’est en revanche pas le cas pour les animaux plus lourds. Les Italiens sont en effet moins demandeurs, la situation est donc tendue. Mais la baisse des cours est restée pour le moment limitée par le niveau de l’offre. C’est sur les femelles que se cristallisent les difficultés. La crise en Grèce et la situation économique difficile en Espagne rendent les échanges difficiles avec ces pays. Les commandes sont rares et certains négociants craignent de ne pas pouvoir être payés. Le marché est donc très calme.



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