Viande |
jeudi 11 mars 2010 |
La sérénité n’est pas d’actualité pour la filière dinde. Malgré les efforts de l’amont pour ajuster son offre aux besoins du moment, le commerce demeure très délicat. Une raison surtout : la dinde continue à perdre du terrain dans les habitudes alimentaires des consommateurs. Selon TNS-Secodip, les achats des ménages ont diminué de 2,8 % l’an dernier, comparé à 2008. Et 2010 semble vouloir adopter le même mouvement. Toutes les découpes ne suivent cependant pas la même tendance. Moins onéreuse et aux débouchés plus nombreux, la cuisse se vend encore correctement. En revanche, les difficultés s’accroissent semaine après semaine pour le filet de dinde, malgré des prix toujours plus bas.
Les prix des charcutiers ont fait un rapide retour à la baisse fin février. Une consommation plus mesurée, des difficultés de revalorisation des prix de la viande et une compétitivité limitée de notre origine sur le marché européen, ont incité les abattoirs à accentuer leur pression sur les tarifs, avec succès. La première semaine de mars a toutefois été synonyme de retour à l’équilibre. Le début de mois et la fin des congés ont permis un écoulement plus régulier des découpes, et un retour aux achats des abattoirs. Les offres en élevage étant peu évolutives, les cours se sont stabilisés. Une tendance qui pourrait bien se confirmer ces prochains jours, l’ensemble des producteurs européens ayant récemment joué la carte du maintien.
Alors que l’arrivée des laitons sur les marchés avait orienté les cours à la baisse, les tarifs se stabilisent depuis une semaine. En effet, l’offre n’a pas atteint ses niveaux de l’an passé, et la demande se réveille. Les opérateurs commencent d’ores et déjà à préparer Pâques et espèrent que les consommateurs seront au rendez-vous du traditionnel gigot. Sur le marché des brebis, les cours grimpent, lentement mais sûrement. En effet, si la demande a peu varié par rapport aux autres années, l’offre est moindre, du fait des nouvelles mesures du bilan de santé de la Pac qui incitent les éleveurs à garder leurs femelles plus longtemps. Les bonnes brebis sont donc rares.
Sur les marchés, le commerce des broutards est très variable. Les charolais de 200 à 350 kg restent recherchés pour la repousse sur le marché intérieur ou l’engraissement à l’export, et bénéficient de prix fermes. Ce n’est en revanche pas le cas pour les animaux plus lourds. Les Italiens sont en effet moins demandeurs, la situation est donc tendue. Mais la baisse des cours est restée pour le moment limitée par le niveau de l’offre. C’est sur les femelles que se cristallisent les difficultés. La crise en Grèce et la situation économique difficile en Espagne rendent les échanges difficiles avec ces pays. Les commandes sont rares et certains négociants craignent de ne pas pouvoir être payés. Le marché est donc très calme.