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Aviculture

jeudi 08 juillet 2010

L’optimisme étouffé dans l’œuf


La filière européenne serait-elle sur le chemin d’une nouvelle crise ? C’est en tout cas ce que craignent certains opérateurs, au regard de la chute des cours et d’une offre qui ne semble pas vouloir cesser de progresser.

L’euphorie est souvent un sentiment de courte durée et l’amont de la filière œuf européenne le constate une nouvelle fois. Après un petit trimestre de records de prix, l’heure est à la baisse chronique des tarifs. En France, la tendance nationale officieuse (TNO) de l’œuf calibré a perdu près de 3 euros entre la mi-mars et la fin juin. Et rien ne permet d’assurer qu’une stabilisation aura lieu cet été. Au contraire, beaucoup commencent à craindre un second semestre à des prix planchers, suite à une hausse trop importante des disponibilités. Des craintes nourries par les derniers chiffres disponibles pour le premier semestre.
L’Institut technique de l’aviculture (Itavi) estime à près de 6 % la hausse de la production française sur les six premiers mois de 2010, par rapport à 2009. Chez nos voisins, l’heure est aussi à l’augmentation des volumes. L’Allemagne a quasiment retrouvé son potentiel de production après une année 2009 marquée par la mise aux normes anticipée de ses bâtiments. En Espagne, comme en France, les prix élevés du début d’année ont incité les éleveurs à augmenter leur production, pour profiter d’une meilleure rémunération de leurs marchandises. Une orientation qui n’est pas sans rappeler les années 2003-2004...
Sans oublier qu’à cela s’ajoutent de nouvelles stratégies d’entreprises, l’échéance de la directive « bien-être » approchant à grands pas. La plus fréquente est la construction et la mise en route de bâtiments aux normes de 2012, sans la fermeture des structures préexistantes. Une seconde est la volonté de certaines organisations de décaler leur production dans les anciens bâtiments pour permettre des démarrages sur la fin 2011, et ainsi tenter de gagner quelques mois sur la mise aux normes des bâtiments.

Aucune reprise des tarifs à l’horizon

Le Comité national de la promotion de l’œuf (CNPO) avait raison de craindre l’optimisme ambiant de l’amont. Il avait pourtant tenté de le mettre en garde dès la fin octobre 2009 lors de son assemblée générale, l’incitant « à ne pas se laisser aller à un optimisme excessif devant la bonne activité commerciale » du moment, rappelant que celle-ci provenait surtout d’une baisse de l’offre en Allemagne, et dans une moindre mesure, en France et en Espagne. Neuf mois plus tard, force est de constater que ces recommandations n’ont pas suffi.
Il semble par ailleurs peu probable que la filière soit capable de réagir rapidement, ne serait-ce que par les contraintes techniques liées aux systèmes de production. D’où une fin d’année qui s’annonce très peu réjouissante pour les éleveurs.
Toutefois, la capacité de réaction pourrait être plus rapide qu’en 2004, faute de trésoreries assez solides pour supporter à la fois des pertes de revenus, de nouveaux investissements et une hausse d’ores et déjà annoncée du prix de l’aliment.
Laure-Anne Lefebvre

Agneaux : retour des imports

Agneaux : retour des imports

En ce début juillet, les cours des agneaux de Poitou-Charentes sont très fermes suite à des disponibilités restreintes et une demande toujours présente. Dans le même temps, le commerce des agneaux de Lacaune est ralenti. Les cours continuent de s’effriter. Les arrivées récentes d’agneaux irlandais de bonne qualité à prix compétitifs alourdissent le commerce de l’origine française. D’autant plus que les Anglais sont revenus à l’export, avec une offre plus étoffée et plus compétitive que les semaines passées. La consommation britannique reste en effet en berne, sous ses niveaux de l’an passé. Une arrivée plus massive de viande britannique sur le continent n’est pas exclure.



Porc : incertitudes en Europe

Porc : incertitudes en Europe

L’amont a du mal à trouver son rythme de croisière. D’un côté, les paramètres de marché sont propices à une hausse des cours : offres mesurées et demande plus soutenue grâce au soleil et au début de mois. De l’autre, le contexte européen reste incertain. Les États du Nord optent pour le maintien de leurs références après une fin juin sous le signe du repli. Leur marché intérieur serait moins soutenu que le nôtre et leur activité export serait tout juste correcte. Sans oublier que leur production serait en hausse au 3e trimestre (+0,4 % en Allemagne, +4 % au Danemark, + 4,3 % aux Pays-Bas). À l’inverse, l’offre française serait stable comparativement à l’an dernier, d’où l’espoir des éleveurs de voir leurs tarifs mieux se tenir à court terme.



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