ÉDITO |
jeudi 03 juin 2010 |
Le gouvernement n’entend pas, jure-t-il, mettre en péril le pouvoir d’achat des Français dans le cadre de la réforme des retraites. En clair, il n’y aura pas d’impôt nouveau risquant d’affecter la consommation, un des rares moteurs de l’économie française à fonctionner. C’est une bonne nouvelle bien sûr pour les industriels et les commerçants, y compris alimentaires, dont la situation financière pâtit de la course effrénée au discount de certains Français. Les industriels de l’alimentaire ont déjà d’autres questions à régler (lire les pages d’actualité), comme amortir la volatilité des matières premières, ou retrouver de la compétitivité face à ses concurrents. Si la consommation sera épargnée, les coupes budgétaires à venir risquent d’affecter celles de la politique agricole commune. C’est de ce côté-là que l’on peut être plus inquiet. En début de semaine, la nouvelle ministre britannique de l'Agriculture, Caroline Spelman, a mené une offensive très remarquée en faveur d’une « réforme radicale » de la Pac. « On ne peut nier le fait que l'Europe n'a plus d'argent, donc il faut hiérarchiser les dépenses », a-t-elle indiqué lundi en marge d'une réunion avec ses homologues européens en Espagne. En langage non diplomatique, cela veut dire qu’il faut sabrer. En ligne de mire, selon elle, le « fardeau de la régulation » dans la Pac. Voilà de quoi réveiller notre président de la République, qui se fait le champion de la régulation, financière et agricole, depuis quelques mois. On en saura plus en novembre, lors de la présentation des grandes options envisagées par la Commission européenne. Les propositions formelles attendront le premier semestre 2011. Comme c’est parti, le débat sur la réforme de la Pac va faire oublier celui sur les retraites…
Bruno CARLHIAN