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Pomme bio

vendredi 16 juillet 2010

La variété Juliet veut tenter les transformateurs


Exclusivement produite en agriculture biologique, la pomme Juliet cherche à nouer des partenariats pour valoriser sa production. Le confiseur Lucien Georgelin a déjà tenté l’expérience avec une gamme de compotes, de confitures et bientôt de yaourts.

Benoît Escande, gérant de la Scea Pépinières et Vergers Escande, n’était pas peu fier de présenter à la presse il y a une semaine son verger de pommes Juliet s’étendant sur sept hectares, situé à Saint-Vite dans le Lot-et-Garonne. Cette variété, sélectionnée aux États-Unis, a été rapportée par Benoît Escande en 2004, pour en faire la seule pomme à être cultivée exclusivement en agriculture biologique partout dans le monde. L’association « Les Amis de Juliet » a été créée le 18 mai 2005 pour promouvoir et suivre techniquement le développement de cette variété. Elle regroupe aujourd’hui 79 producteurs et un pépiniériste répartis majoritairement dans le sud de la France. La mise en marché se fait exclusivement par l’entreprise Cardell Export, qui représente 50 000 tonnes de fruits par an pour un chiffre d’affaires annuel de 40 millions d’euros. Cardell fait partie du groupe Pomanjou qui traite 120 000 tonnes de pommes par an. Un programme de plantation est finalisé jusqu’en 2011, avec la perspective d’arriver à un volume total de 10 000 tonnes en 2015, contre 2 000 tonnes en 2010. La surface cultivée en France pour la Juliet atteindrait ainsi 250 hectares en 2011. Par ailleurs, pour pouvoir commercialiser la Juliet en contre-saison, des mises en place de vergers dans l’hémisphère sud (Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud) sont en cours de réalisation. « La Nouvelle-Zélande va se développer. Nous avons trouvé un partenariat avec un acteur qui a pignon sur rue, notamment en Asie, et qui est agréé pour exporter vers les États-Unis. Des Sud-Africains viennent fin septembre voir nos cultures afin de lancer un projet sur cinq ans de mise en place de 100 ha de vergers », précise Benoît Escande.

15 à 20 % de la récolte est écartée

Il a fallu dix ans de recherche pour dédier la pomme Juliet à l’agriculture biologique, le défi technique étant important. La Juliet s’est avérée résistante à la tavelure, principale maladie du pommier, peu sensible à l’oïdium et peu attractive pour les pucerons cendrés. Benoît Escande tient à rappeller qu’il faut accepter d’avoir des pertes en agriculture biologique. « Le biologique n’est pas aussi beau que le conventionnel. Nous ne faisons pas du cosmétique. 15 à 20 % de la récolte est écartée donc nous avons décidé de nous associer à des transformateurs pour la valorisation de la production. En poussant la marque Juliet, les produits transformés peuvent aider le frais à se vendre et inversement », explique-t-il. Le premier partenariat a été signé avec Lucien Georgelin, PDG de la société éponyme. Celle-ci a développé des compotes et des confitures commercialisées dans les magasins spécialisés depuis un mois, et pourrait bientôt se lancer en frais. Lucien Georgelin a également l’idée de mettre en place des références de yaourts, avec une entreprise laitière du Bordelais (probablement Le Petit Basque), qui élabore depuis 2001 des yaourts au lait de brebis biologique. « Je n’avais pas encore travaillé une variété spécifique mais j’y pensais beaucoup. Des collectivités sont déjà prêtes à prendre ces produits », souligne Lucien Georgelin.
A.-S. L.
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