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Filière laitière

jeudi 08 juillet 2010

La course à la taille critique suffira-t-elle ?


Quatre regroupements majeurs viennent secouer le paysage de la coopération laitière en 2010. Si leur pari est de concurrencer des géants néerlandais, danois ou néo-zélandais, les coopératives vont devoir aussi faire face au lien distendu avec leurs adhérents.

Dans la perspective de la fin du système de régulation de la filière laitière européenne, les coopératives françaises ont entamé la restructuration du secteur pour être capables de supporter une concurrence mondiale de plus en plus rude. Après l’annonce de l’union de cinq coopératives de l’Est autour des Fromageries Blâmont et celle, prochaine, d’Entremont-Sodiaal, Eurial et Le Glac ont officialisé leur projet de fusion qui laisse présager un autre partenariat avec la coopérative du Sud-Ouest 3A. Le regroupement de la collecte laitière d’Agrial et d’Elle & Vire est également attendu pour début 2011. Une restructuration nécessaire face à des géants laitiers européens ou mondiaux, mais pas suffisante. L’enjeu majeur pour les coopératives reste bien de retrouver de la valeur ajoutée, car c’est à ce niveau-là qu’elles ont une carte à jouer. « La grande bataille du lait est celle de la valeur ajoutée d’une part, et de la recherche et développement d’autre part », rappele Guy Maingret, président d’Eurial. La majorité des coopératives laitières, exportatrices notamment de poudre de lait, se retrouve sur le marché mondial en concurrence avec des groupes dont la puissance de feu est souvent supérieure. « Si la production de lait augmente, les entreprises s’orientent vers l’export ou le grand export et il est important de développer ce débouché sur des produits segmentés ou différenciants. Mais sur des produits industriels de masse, les groupes se retrouvent en concurrence frontale avec Fonterra dont les coûts de production sont inférieurs aux nôtres du fait d’une plus forte saisonnalité du lait et d’un système amont différent. Il faut être en capacité d’assumer cette concurrence », explique Christèle Josse, directrice de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL).

Renforcer le lien avec l’amont

C’est dans cette idée que la FNCL veut défendre bec et ongles l’idée de volumes et de prix différenciés, la maîtrise de la production étant le point de départ de l’amélioration de la filière laitière. Les négociations seront ardues au sein de l’interprofession, les entreprises privées ayant par voie de communiqué de presse montré leur opposition à ce système. Les coopératives vont devoir aussi renforcer le lien avec leurs adhérents. « Lors de rapprochements, le système de gouvernance pose souvent un problème. Le sujet devient parfois politique lorsque plusieurs territoires se retrouvent au sein d’un même groupe. Compte tenu du système un homme égale une voix, les producteurs peuvent se sentir loin des pôles de décisions et leur opinion beaucoup plus diluée », souligne un observateur de la filière. Un problème dont la fédération a conscience et sur lequel elle compte travailler dans les mois à venir. « C’est en effet un aspect que certains nous reprochent. Resserrer les liens entre les adhérents et les coopératives va passer par le conseil mais aussi par la formation. Via le fonds Vivea, la FNPL et la FNCL vont proposer des formations dans le cadre de conventions-cadres dès le mois de septembre afin notamment que les producteurs ne réfléchissent plus seulement en termes de prix mais surtout en termes de recette et de revenu », souligne Christèle Josse.
A.-S. L.
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