Biscuits |
jeudi 18 février 2010 |
Kambly, des biscuits centenaires restés gourmands
Depuis trois générations aux mains de la famille qui les a fondés, les biscuits suisses Kambly fêtent cette année leur centenaire. Cet événement devrait booster les ventes de la société, qui ont tendance à stagner ces dernières années.
L’histoire des biscuits Kambly débute à Trubschachen, dans la vallée de l’Emmental, en Suisse, en 1910. À cette date, la famille Kambly décide de construire sa première usine de biscuits. Jusqu’alors, les Kambly géraient une boulangerie, devenue biscuiterie par la suite, où a été inventé quatre ans plus tôt le « bretzeli ». Cette petite galette suisse a été élaborée à partir d’une recette de la grand-mère du fondateur de la société, Oscar Robert Kambly. À cette époque, Oscar R. Kambly, grand-père de l’actuel président du conseil d’administration, allait lui-même démarcher les consommateurs pour vendre le « bretzeli », qui a fait la renommée de la société. En France, il prendra plus tard le nom de « fine crêpe ». Le Bretzeli reste toujours la première vente de Kambly en Suisse. Lorsqu’Oscar R. Kambly pose les premières pierres de son usine, il part du principe que « plutôt que de fabriquer pour le village une multitude de produits, comme le font toutes les boulangeries, je veux apporter à la Suisse entière quelque chose de tout à fait unique », a-t-il déclaré. Le seul et unique site de la société se trouve toujours au même emplacement, tout près d’un chemin de fer pour l’anecdote, facilitant son approvisionnement en matière première. La réputation de Kambly s’est construite au fil du temps grâce à des produits de qualité élaborés entre tradition artisanale et technologie de pointe. Ayant d’une part appris en Angleterre à fabriquer en masse et de façon rationalisée, et d’autre part acquis en Suisse, à Vienne et à Budapest, la maîtrise des savoir-faire du chocolatier et du confiseur, Oscar Jonathan Kambly, pionnier de la deuxième génération, a combiné les deux aspects en créant des technologies modernes. La production est ainsi relativement peu automatisée et beaucoup de gestes restent encore fidèles au maître confiseur.
7,5 millions de paquets vendus en France
Oscar A. Kambly, à la tête de l’entreprise depuis 1982, veut alors donner une dimension internationale à la marque. Il crée ainsi Kambly France le 1er janvier 1989. L’Hexagone est désormais le deuxième marché de la société, après… la Suisse. « La société voulait positionner ses biscuits en produits haut de gamme dans les linéaires. Nous vendons aujourd’hui 7,5 millions de paquets sous la marque Kambly en France », souligne Bruno Pollin, directeur commercial de Kambly France. La société dit être la marque leader du segment premium des biscuits haut de gamme en France, où elle réalise aujourd’hui 35 % de ses ventes. Kambly y commercialise 14 références, dont de nombreuses spécialités à base de chocolat et quelques assortiments en édition limitée, particulièrement au moment des fêtes. Désormais présente dans près de cinquante pays et sur tous les continents, Kambly réalise près de 60 % de son chiffre d’affaires de 160 millions de francs suisses (109 millions d’euros) à l’étranger. « Nous sommes installés en Australie depuis deux ans, le marché se développe bien ainsi qu’au Canada où nous sommes arrivés l’année dernière », explique Bruno Pollin. Kambly fabrique également quelques biscuits à marque de distributeur, mais pour une part représentant moins du tiers du chiffre d’affaires global du groupe. En 1999, Kambly acquiert en effet une biscuiterie à Lyss, également dans le canton de Berne (Suisse), lui permettant de fabriquer des produits moins sophistiqués à destination de l’un des deux distributeurs suisses, Coop. La France profite de ce savoir-faire, mais de manière très modérée.
Un nouveau rebond en 2010 ?
Malgré tous ces aspects positifs, 2009 a été « difficile pour Kambly car le marché des produits haut de gamme a plus souffert de la crise que d’autres. Notre part dans le chiffre d’affaires de Kambly reste relativement stagnante. Néanmoins, l’année s’est plutôt bien passée », explique Robert Pollin. Kambly France espère bien redynamiser les ventes grâce au centenaire, des ventes qui ont toutefois, au niveau du groupe, enregistré un léger rebond à 109 millions d’euros, après quatre années de stabilisation. « Les négociations de 2010 sont très difficiles. Le marché étant stagnant, les distributeurs ont tendance à vouloir baisser les prix et la mise en place de la LME le leur permet. Mais nous nous attendons à une bonne année 2010 grâce à la mise en place de nouvelles gammes performantes », indique Bruno Pollin. Fin 2009, une gamme baptisée « Spécialités du terroir » au beurre caramel ou au beurre noisette a été lancée, forte du succès rencontré en Suisse par ces mêmes produits commercialisés sous le nom d’Emmentaler (en référence à la vallée de l’Emmental). « L’évolution du chiffre d’affaires du groupe s’est faite aussi grâce à ce produit. Mais nous avons revu le packaging et le nom pour l’adapter au marché français, le nom Emmentaler s’assimilant en France à du fromage », précise le directeur commercial de Kambly France. Kambly tenait à montrer son attachement à un approvisionnement local, d’où le nom de « Spécialités du terroir ». Les ingrédients tels que la farine, les œufs ou le lait proviennent de la vallée de l’Emmental, et ce pour l’ensemble des gammes. Les innovations sont d’ailleurs toujours mises au point par Ursula Kambly, épouse d’Oscar A. Kambly, et son équipe. Après le carré pistache en 2009, un nouveau biscuit devrait aussi faire son apparition dans les linéaires en mai prochain. Il s’agira d’un biscuit croustillant à l’orange en forme de carré d’orange, dont le nom reste encore à définir. Fait relativement rare pour Kambly, il sera lancé simultanément dans tous les pays où la société est présente.
Anne-Sophie Le Bras