La conserverie Gonidec double de taille
À l’étroit, la PME concarnoise va investir 3 millions d’euros en deux ans pour augmenter de 30 à 40 % ses capacités.
Franchement trop à l’étroit dans son usine de Concarneau, la conserverie Gonidec, bien connue en grande distribution avec sa marque « Mouette d’Arvor », investit 3 millions d’euros sur 2010 et 2011, pour réorganiser entièrement son industrie. L’enveloppe est de taille pour la PME de 49 permanents qui écoule 1 000 tonnes de poissons en boîte (de la sardine à 40 %) et fabrique de réputées rillettes. Mais la croissance à deux chiffres de ses ventes, dont le montant n’est pas communiqué (+ 18 % l’an passé), rend l’atelier trop petit. « Aux 2 600 m² existants, nous allons ajouter 2 800 m² supplémentaires d’ici à 2011 », explique Jacques Gonidec, PDG de la société familiale. La partie production gagnera 30 à 40 % de capacité, passant de 1 000 t à 1 300-1 400 t de poissons transformés par an. L’espace consacré aux frigos et au stockage sera totalement refondu pour permettre à Gonidec de réintégrer le stockage actuellement sous-traité. Le dirigeant ne s’en cache pas : ce type d’investissements réclame de la visibilité dont il ne dispose pas au-delà de deux ans. Mais il précise aussitôt qu’il n’avait aucune autre solution. Sur le marché du poisson en boîte, en effet, l’offre est majoritairement fabriquée dans des pays qui bordent les grandes zones de pêche de l’Atlantique sud pour la sardine, l’océan Indien pour le thon. Gonidec fait donc partie de ces petits industriels qui refusent, contre vents et marée, de délocaliser une partie de leur production et de travailler avec la moindre marque de distributeur. Il préfère jouer la carte de la production locale proposée par des bolincheurs de Concarneau. Gonidec innove sans cesse et propose dans son catalogue 200 références, dont du bio, du casher, etc. Il se remplira bientôt de quelques pages supplémentaires, avec une gamme « Juste Nature » de maquereaux (depuis juin), sardines et thons de qualité sushi (en septembre) préparés sans épices ni jus, et une gamme de plats cuisinés. Pour remplir son usine, Gonidec prévoit d’accentuer ses efforts à l’exportation, avec pour objectif de passer de 8 % à 15 % du chiffre d’affaires d’ici trois à quatre ans. Le conserveur breton prévoit d’embaucher à terme quelque huit à dix permanents supplémentaires.
Franck Jourdain